Les secrets d’Eichmann censurés

En Allemagne, un historien français spécialiste du XXe siècle a assigné en justice les services secrets allemands dans une plainte peu commune, déposée devant le tribunal administratif de Cologne. Depuis dix ans, ce chercheur travaille sur le procès de l’ancien responsable nazi Adolf Eichmann, ouvert à ­Jérusalem en octobre 1961. Or, l’État allemand lui refuse l’accès à des archives portant sur de curieux arrangements consentis en marge de l’événement. Les milliers de pages déjà obtenues par Fabien Théofilakis décrivent des manœuvres qui écornent le mythe entretenu par les gouvernements de Bonn, Tel-Aviv et Washington de l’époque. Celui d’une Europe des années 1950 libérée du nazisme où les cadres du IIIe Reich auraient été tués ou arrêtés et éloignés des affaires publiques. Avec en point d’orgue, comme pour en finir, la comparution de l’un d’eux, Adolf Eichmann.

Les secrets d’Eichmann censurés

Adolf Eichmann durant son procès, entre deux gardes.

 

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La légende de Lafarge

Le voici, l’intermédiaire de l’organisation État islamique, accusé d’avoir persuadé des cadres du groupe Lafarge de s’acoquiner avec Daesh, pour faire fonctionner leur usine syrienne, quitte à enrichir des terroristes. Dans un bureau du huitième arrondissement de Paris nous nous attablons de longues heures et à deux reprises avec cet homme né à Damas, porteur de deux passeports, l’un syrien l’autre canadien. Amro Taleb. Son nom revient une centaine de fois dans le dossier pénal ouvert fin 2016, dans lequel huit anciens dirigeants du cimentier sont mis en examen pour financement du terrorisme, ainsi que la société Lafarge en tant que personne morale.

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Radicalisme tempéré à Argenteuil

Argenteuil, porte d’entrée de « l’islam politique et de l’extrémisme en Île de France », un épicentre du salafisme. C’est la perception d’une élue du département, la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio (Les Républicains), que nous avons rencontrée au Palais du Luxembourg. Elle l’affirme d’une voix assurée. La rapporteure de la Commission d’enquête sur le radicalisme islamiste a exercé comme prof, il y a près de quinze ans, au lycée Cognac-Jay de cette même ville. Elle se souvient « de jeunes musulmanes qui voulaient s’en sortir » et s’émeut de « l’entrisme pratiquée par les réseaux salafistes » sur place. Direction cette commune du Val d’Oise, 40 minutes à l’ouest de Paris, dont le territoire s’étend sur des rivages de la Seine où autrefois bourdonnaient des usines. Sans nier la présence de noyaux extrémistes, le maire de la commune met en garde contre les idées reçues.