Owni en dehors des écoles

Il y a quelques mois, nous avons appuyé sur le bouton hyperespace. Percuté des astéroïdes, communiqué avec des planètes hostiles, croisé des trous noirs. Fricoté avec des extraterrestres, parlé avec des mutants. Puis, un jour, nous avons accroché des étoiles filantes, découvert des vies nouvelles, imaginé d’autres civilisations, et nous avons souri ensemble en observant les cartes du ciel. Pour enfin recharger nos batteries en écoutant des rock’n’roll furieux.

Emploi du temps naturel pour une soucoupe et son équipage, soucieux de paramétrer la bonne hauteur de vue pour comprendre le monde et ses curieux battements. Sa passionnante arythmie. Avec le souci de lui rendre sa complexité, de restituer ses réalités, plurielles forcément, d’anoblir ses hybridations et ses métissages.

Notre laboratoire de l’information n’a pas choisi un itinéraire, plutôt une aventure, loin des lignes directrices de la presse du siècle d’avant – des lignes éditoriales qui se confondent souvent avec des lignes de pensées, journaux qui se fabriquent comme on compose une file indienne, en désignant antéchrists et anges gardiens, des presses d’opinions-raccourcies, réduites à des incarnations du bien et du mal.

Orgueilleuse sans doute, la soucoupe OWNI s’envolera vers des terrains moins balisés, plus accidentés aussi; avec pour horizon de restituer les doutes de l’époque, de donner du sens à ses soubresauts; sans les enfermer dans les vulgates du politique, en démontant leurs mécaniques complexes, en les passant au crible d’un journalisme qui se plaît à hésiter. Qui s’enrichit de méthodes à la croisée des sciences humaines et du numérique, avec pour conséquence une production éditoriale issue d’une agrégation entre les métiers du data-journalisme, de l’infographie, de la presse écrite, du graphisme et du développement informatique.

Pour proposer des moyens de comprendre plutôt que de juger ; partout où nous parcourons nos champs éditoriaux de prédilection. Qui pourraient se délimiter en quatre mots : pouvoirs et cultures numériques.

Pour atteindre cette ambition, OWNI saison 2011-2012, à la fois média en ligne et maison d’édition, lancera un catalogue de livres numériques, à partir de la fin du mois d’octobre. À raison d’un livre par mois pour réfléchir les angles morts de ce monde-ci. Mais aussi de multiples objets numériques - applications, web-applications - pour ausculter la campagne présidentielle au-delà des scénarios, pour se placer juste avant le marketing politique dominant. Parce que le réel est une fiction. Parce que nous avons appris à le lire.


PS: Nous profitons de cet édito pour vous annoncer que nous sommes (à nouveau) sélectionnés en finale des récompenses de l'Online News Association (ONA). Rendez-vous ce 24 septembre pour les résultats.

Cet article a été initialement publié ici, sur owni.fr, le 24 septembre 2011.